Eduquer un âne, mettre en place la base de toute son éducation

Les plus gros dérapages comportementaux, quelque soit l'espèce, viennent d'une éducation où l'individu manque de cadres, de limites claires. Le langage employé, verbal et non verbal, est confus, trop éloigné des codes de l'espèce à éduquer. Ce flou, ce manque de structure, ces incompréhensions contribuent à plonger l'individu dans la confusion et les angoisses. Toutes les dérives comportementales sont ouvertes.

Comment mettre en place la bases de tout apprentissage.

  • En instaurant un climat de confiance
  • En se montrer aussi rassurant que possible.

En éducation, la plupart du temps

  • une mauvaise action est sanctionnée par une gronderie ou une punition
  • mais quand l'action est réussie, que faisons nous pour le dire, la valider, la renforcer ?

La première des choses à faire, est de mettre en place le marqueur de satisfaction

La récompense !

La récompense

Souvent quand je parle de récompense, les gens me disent « oui mais alors on laisse tout faire ».

  • Et bien non, justement, on ne laisse pas tout faire.
  • Il s'agit de poser un cadre, des règles de vie, d'être ferme et constant dans ses attentes et ses demandes 
  • Et de signifier par le biais de la récompense que le comportement est celui qu'on attend de lui.
Il peut alors apprendre dans un climat serein.

Ensuite parlons de la notion de « vocabulaire ».

  • Imaginez que vous arriviez dans un pays étranger dont la langue vous est inconnue ?
  • Comment allez vous vous faire comprendre ?
  • Et comment comprendre ce que les habitants vous racontent ?

La mise en place de son « vocabulaire » 

L'animal ne comprend rien de notre langage quand il arrive, il entend des sons qui ne correspondent à rien de concret pour lui.

  •  Il nous appartient de mettre en place un dialogue avec lui.
  • Chaque action peut prendre un sens, si au moment de l'action correcte, on place le mot choisi et un encouragement ......oui bien bravo........un câlin, une grattouille...
  • A force de répétition, toujours le même mot pour la même action et récompense pour valider, l'animal va retenir le mot et l'associer à l'action.

En gros, dire à un animal " en avant" alors qu'il ne sait pas à quoi ça correspond....c'est comme se trouver face à un Japonais qui vous parle en japonais

Comment faire ?

  • Dans un premier temps, on va profiter d'une action spontanée de l'animal. Par exemple, il se met à avancer de lui-même.........au moment où il avance, on va dans la même seconde lui dire « En avant »...... « ouiiiiiii c'est bien » »bravo » avec câlins et grattouilles et éventuellement une petite rondelle de carotte.
  • On profite de plusieurs « En avant » spontanés successifs pour lui apprendre le mot "en avant" toujours de la même manière que ci-dessus. Au bout de quelques fois, il aura associé le mot « En avant » au fait qu'il a câlin et récompense et le fait d'avancer.
  • La prochaine étape sera de lui dire « En avant » sans qu'il aie encore bougé, le mot évoque confort, récompense pour lui et il va donc avancer.
  • Bien sur, il faudra un certain nombre de répétitions pour que son cerveau imprime un nouveau mot de vocabulaire.

Il est important que la récompense soit toujours en relation avec une action......c'est à dire que si l'animal est habitué à recevoir "gratuitement" des friandises ( c'est  souvent le cas de l'animal qui cherche à mordre) il va se considérer comme un petit enfant roi......et exiger tout le temps de l'attention

Il doit comprendre qu'il n'aura de l'attention, de la reconnaissance QUE si son comportement est satisfaisant !

L'animal cherche avant tout son propre confort

  • Si on le place ou qu' il se place dans une situation inconfortable pour lui, il va tout faire pour s'en sortir.
  • Ce qui nous amène à la notion de "punition" ou sanction

Comment se fâcher utilement ? (à lire en complément "Comment gronder son âne" )

  • Sanctionner un raté, c'est apporter une attention à ce raté et indirectement une validation non productive.
  • Se fâcher, s'énerver, c'est apporter de la confusion à l'animal.
  •  Il comprendra éventuellement que quelque chose ne va pas, mais en aucun cas ce qu'il doit faire à la place.

Et puis, si nous humains, nous nous remettions en question ?

  • Et si c'était notre demande, notre discours verbal et non verbal qui était contradictoire et peu clair ?
  • Et si nous prenions la peine d'essayer autrement ?

En cas de raté, que faire ? 

  • On ignore
  • Et on recommence calmement pour obtenir le résultat attendu 
  • Tout en se demandant comment faire mieux pour avoir la bonne réponse en retour.

L'apprentissage d'une nouveauté

Quand nous voulons apprendre une nouveauté à notre âne, essayons de nous mettre à sa place.

Ce qui nous semble être UNE seule et unique nouveauté, est peut-être pour lui un composé de plusieurs apprentissages distincts.

  • Partir balader en longe par exemple  c'est 
  1.  mettre en place la confiance animal-humain
  2.  accepter un licol
  3. connaître la longe
  4. se laisser attacher
  5.  avancer à la demande
  6. se sentir rassuré en extérieur
  • c'est à dire un minimum de 6 apprentissages.

Pour enchainer d'un apprentissage sur l'autre, il faut toujours que 

  • Le premier soit  TOTALEMENT acquis et réussi sur plusieurs jours d'affilés 
  • La « leçon » suivante on révise l'apprentissage maitrisé pour le mettre en confiance et le valoriser.
  • En sandwich, on place la nouveauté que l'on propose une fois, deux fois, trois fois grand maximum
  • Et on revient à une notion TRES connue, qu'il réussit chaque fois.

Les séances de "travail" doivent être

  • Très courtes, mieux vaut faire plusieurs mini séances qu'une seule longue et rébarbative
  • Aussi ludique que possible, l'âne fait les choses pour le plaisir, plus il en trouve plus il apprendra vite
  • Et avec moult félicitations et renforcement vocal  et récompenses.

C'est à nous d'amener, de placer l'animal dans une situation de réussite en étant le plus clair possible dans nos demandes.

Quand il y a échec, toujours commencer par s'interroger sur nous même, sur la manière dont nous avons demandé l'action et envisager une autre manière de faire.

Toujours terminer une séance sur une action réussie et récompensée

Quand nos ânes développent le bonheur d'apprendre et sentent notre satisfaction, ils attendent avec impatience notre présence pour apprendre de nouveau !

Et si un jour, on est nerveux ou pressé ou pas dans de bonne disposition ...

Et si un jour, votre âne est nerveux, stressé ou pas dans de bonne disposition...

  • Laisser tomber toute idée éducative, toute envie d'apprentissage
  • Dans ces conditions là, personne n'y aura de plaisir
  • Et le cerveau n'imprimera rien du tout.
  • Profitez juste d'une bonne séance de câlins gratouilles, demain sera un autre jour
Cette manière d'apprendre favorise la production "d'hormone du plaisir" et place l'individu devant tout un panel de possibilité de son cerveau et optimise les facultés d'intelligence.

©Alm-Âne-Ach 2006-2011

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